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U2 : manger sainement et l’expérience de mort imminente de Bono (Part 1)

dimanche 7 octobre 2018 / par Corine/Dead / Tags:

Interview exclusive avec la formation rock irlandaise U2 par Chrissy Iley

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Je me tiens près de la scène dans la salle du Boston Garden — je viens d’assister au concert de U2 dans le cadre de sa tournée Experience + Innocence qui couvre la bêtise de la première et le puissance optimiste de la seconde. C’est à la fois personnel et politique. Le dernier acte montre Bono sur scène avec une simple ampoule, fixant une réplique de la maison dans laquelle il a grandi sur Cedarwood Road, à Dublin. Une maison de poupée pour Bono.

Il sort de scène chuchotant et suant à grosses gouttes. Veste noire, jeans noir, bottes noires et une serviette. Nous sommes tout à coup dans une SUV noire à l’arrêt. D’autres SUVs sont alignées derrière nous, prêtes à partir. La police nous escorte alors que nous traversons à toute vitesse la ville jusque dans les entrailles d’un hôtel. Mais cet instant n’est pas simplement le secret et le protocole d’une rock-star. Il s’agit de Bono, complètement épuisé, l’âme mise à nue. Il parle en phrases désordonnées de comment il se trouve à la circonférence de la lourdeur, de la reconstruction du rêve américain, de manière incohérente. Il est anéanti par ce concert.

Je lui prends la main. La sienne est faible mais d’une poigne intense. Apparemment, de nombreuses personnes détestent Bono. Je peux vous dire que personne n’a jamais autant exécré Bono que Bono lui-même. Il peut voir la contradiction de sa position, conscience rageuse chevauchant le succès galopant.

Normalement, c’est son épouse, Ali, qui vient le chercher sur scène pour le mettre dans la voiture. Un jour, ça a été Oprah. Aujourd’hui, c’est moi. Autant vous dire que si vous n’aimez pas Bono, vous feriez bien de ne pas lire ce qui suit. Nous sommes amis. Je le connais depuis 20 ans, depuis ce jour où nous nous sommes rencontrés, pour la première fois, devant des œufs pochés au Savoy, il y a plusieurs albums de cela. Je l’ai vu opérer aux premières loges, à la Maison blanche, sous le régime Bush. Je l’ai vu rétrécir des stades avec son immense charisme et sa voix chaude. Je l’ai vu chez lui, en tant que père, en tant que mari. Mais je ne l’ai jamais vu trembler après un concert.

Je ne prends pas ce geste de lui tenir la main comme une marque d’affection, c’est plus parce qu’il a besoin d’une main physique pour le maintenir les pieds sur terre. Ses yeux semblent tristes et accablés par les soucis derrière ses lunettes teintées violettes. Il est mal rasé, ce qui le définit mais lui donne aussi une certaine vulnérabilité, comme si son visage était tâché.

Nous sommes, à présent, dans le sous sol de l’hôtel Ritz-Carlton. Il est escorté jusqu’à un ascenseur qui l’emmènera à son étage où il restera dans sa chambre. Je prends un autre ascenseur dans le hall, où il y a un bar sympa et où diverses personnes travaillant avec U2 commencent à se retrouver.

The Edge descendra avec son épouse, Morleigh Steinberg, consultante créative sur ce spectacle, mais pas d’autres membres du groupe n’émergeront. Ils ont tous la cinquantaine bien tassée. Ils tournent depuis deux ans et ont besoin de préserver leur énergie pour les prochains concerts.

Adam Clayton, le bassiste, a laissé tomber l’alcool dans les années 1990, environ à la même époque où il a laissé tomber les top-models. Le batteur, Larry Mullen, n’a jamais été un fêtard. Il est bien trop réservé pour cela et il a, désormais, besoin d’une heure de physiothérapie après le spectacle.

Le lendemain, je suis dans l’appartement suite de Bono. Le service à l’étage a livré un déjeuner composé de poulet et légumes verts. Il soulève les cloches métalliques de nos assiettes et les frappent l’une contre l’autre telles des cymbales. Cela me rappelle ce bruit au début du concert qui imite le son assourdissant du scanner lors d’une IRM. La chanson qui l’accompagne traite de l’attitude face à la mort. “Ca n’est pas un sujet très sexy, la mortalité, pas vrai ?”, interroge Bono, 58 ans. “Mais, ce qui l’est c’est d’appartenir à un groupe de rock’n’roll et de dire : ‘Voilà notre nouveau titre, il traite de la mort.’

“Est-ce que ça semble prétentieux que de dire que nous sommes dans un opéra déguisés en groupe de rock’n’roll ?”, se demande-t-il. Oui. “Lorsque l’opéra a commencé, à ses tous débuts, c’était du punk rock. L’Opéra est seulement devenu prétentieux. Mozart avait une attitude punk-rock.” Disons, que ce n’est peut-être pas de l’opéra à proprement parler. Disons qu’il y a des grands thèmes dans ce spectacle. “D’accord”, annonce-t-il.

Bien que ce spectacle semble traiter de la vie de Bono, il s’agit, en fait, des expériences de tous les membres du groupe. Il en est peut-être la torche, mais il parle au nom de tous les quatre. A un moment du concert, l’autre soir, Bono disait qu’il avait un jour perdu la tête avec Adam, dont la vie dissolue avait largement été documentée. “Puis, ça a été le tour de Edge, et par la suite de Larry”, poursuivait-il. The Edge, presbytérien zen, le regardait d’un air désapprobateur. Quand Edge est-il tombé du wagon ? “OK, je disais ça simplement histoire de plaisanter. Je n’aime pas les voir aussi imbus d’eux-mêmes.”

Il rit, mais il est également sérieux. “Qui voudrait rester tel qu’il est, voilà ce dont je parle. Si le succès c’est échanger une véritable relation et des émotions bien réelles pour des hyper médiatisées, alors peut-être que le succès n’est pas une bonne chose. Au début des années 1980, je me souviens que j’étais très gêné et pensais que le journal que je choisissais d’acheter me définissait. Et je me souviens que je traînais avec Chrissie Hynde, qui était tout le temps elle-même. Il m’a fallu quelques années avant d’en arriver là.”

Il ne pense pas avoir été lui-même depuis des décennies. “En public, j’ai eu des différents moi et tous les miens étaient ennuyeux. Nous sommes allés voir Killing Bono [le film de 2011, basé sur les mémoires d’un ancien camarade de classe], et j’ai dit à the Edge au sujet de l’acteur qui interprétait mon rôle : ‘C’est quoi cet accent avec lequel il parle ? Ce n’est pas mon accent.’ Et Edge a rétorqué : ‘C’est l’accent que tu prenais quand tu donnais des interviews.’ C’est un peu comme les gens qui ont une certaine voix au téléphone, et c’était comme ça pour moi dans les années 1980.”

Le soleil de l’été emplit la pièce et nous sommes submergés par l’air chaud des humidificateurs. Bono ne touche pas à son assiette. Lors d’une récente interview, Quincy Jones a dit que lorsqu’il se rendait en Irlande, Bono insistait toujours pour qu’il reste dans son château car ce pays est tellement raciste. De quel château s’agit-il ?
“J’aime Quincy”, commence-t-il. “Mais je n’ai pas de château.”

Il a une espèce de folie victorienne au bout de son jardin, quoi qu’il en soit, où Quincy a dû résider. Comme la plupart de ses invités. Lorsque j’y ai séjourné, il y avait un mur signé par Bill et Hillary Clinton : “A + B = un lit pour C.”

“Maintenant que j’y pense, [Quincy] m’avait bien dit qu’il y avait eu des incidents racistes en Irlande dans les années 1960, et je lui avais dit que ce n’était plus le cas aujourd’hui. Viens et reste avec nous.”

Quincy a également déclaré que U2 ne ferait plus jamais un bon album en raison d’une trop grosse pression. “Oui, et Paul McCartney ne pouvait jouer de la basse. Nous avons tous nos moments où nous craquons, apparemment. La plupart des gens reconnaissent que l’album que nous venons juste de faire, Songs of Experience, est tout en haut avec notre meilleur travail. Il a certainement eu droit à des super critiques.”

La tournée débarquera au Royaume-Uni, le mois prochain, après les concerts en Europe. Il y a une partie avec un film montrant des émeutes néo-nazis à Charlottesville en 2017. Comment croit-il que cela sera perçu à Berlin, par exemple ?

“Nous allons revoir ça, mais les nazis ne manquent pas en Europe, pour l’heure. Je pense que je peux ré-imaginer cela en m’appuyant sur le même concept.” En fait, ils ont décidé de débuter les concerts européens par le discours de Charlie Chaplin dans le Dictateur : “Les dictateurs s’auto-libèrent, mais ils asservissent le peuple ! A présent, battons-nous pour respecter cette promesse ! Battons-nous pour libérer le monde.”

[…]

A suivre

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